Vers une industrialisation durable à Madagascar : engagement des entreprises du SIM pour une économie verte et inclusive

Alors que la planète fait face à des défis environnementaux et économiques sans précédent, Madagascar s’engage progressivement dans une voie prometteuse : celle de l’industrialisation durable. Portée par des entreprises visionnaires, cette transition repose sur des piliers essentiels que sont l’économie circulaire, l’indépendance énergétique et la création d’emplois durables.

Les entreprises du SIM, pionnières d’un développement industriel durable

Face aux défis environnementaux et économiques, les entreprises malgaches membres du SIM démontrent qu’une industrialisation durable est possible. Leur engagement se traduit par des actions concrètes en matière d’économie circulaire, d’autonomie énergétique et de création d’emplois stables.

Une vitrine régionale

Lors de la Semaine de l’Industrialisation de la SADC, cinq (5) industries membres du SIM ont accueilli des délégations régionales. Ces visites ont démontré la modernité des infrastructures, le savoir-faire des ressources humaines, le respect des normes internationales et la capacité d’innovation des industries malagasy. Elles ont confirmé que l’industrie nationale, au-delà de sa résilience, porte une ambition et une vision  en phase avec la dynamique de transformation voulue par le marché régional.

Économie circulaire et valorisation des ressources : redéfinir le cycle de production

Leader historique des boissons à Madagascar depuis plus de 70 ans, STAR dépasse aujourd’hui son cœur de métier pour s’engager dans une transformation durable ambitieuse. Son projet phare KOPAKELATRA a permis la collecte de 65 tonnes de bouteilles et le déploiement de 137 bacs de collecte dans 6 régions, transformant les déchets en ressources précieuses. L’entreprise agit également dans les domaines sociaux, sanitaires et éducatifs, consolidant son rôle d’acteur majeur de la transformation agricole et industrielle.

De son côté, TECHNOPET place l’innovation environnementale au centre de sa stratégie industrielle. L’entreprise réduit systématiquement son empreinte écologique grâce à l’optimisation des matières premières et à la valorisation de ses déchets. Sa démarche circulaire associe efficacité opérationnelle et préservation des écosystèmes naturels.

Quant à MADO SAINTO elle illustre une quête exemplaire d’autonomie et d’excellence environnementale. Totalement autosuffisante sur le plan énergétique, l’entreprise intègre des pratiques durables sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. Son modèle démontre avec force que l’indépendance énergétique peut aller de pair avec une performance industrielle de haut niveau.

 Création d’emplois durables : le socle d’une croissance inclusive

Avec plus de 40 ans d’expérience, POYTECH représente l’ancrage territorial et la transmission des savoir-faire industriels. Forte de 30 employés permanents et d’une clientèle dépassant les 1 200 acteurs économiques, l’entreprise contribue à l’industrialisation locale tout en renforçant les compétences des travailleurs malgaches.

Enfin, ENDUMA leader du tissage technique depuis 45 ans, combine innovation durable et développement social. Avec 5300 hectares de surface produite par an, elle se distingue par la création de 500 emplois couvrant 64 métiers différents, démontrant ainsi qu’un modèle intégré énergie-emploi peut être à la fois inclusif et compétitif.

La fiscalité : un frein structurel à lever pour amplifier l’impact

Malgré ces avancées encourageantes, le cadre fiscal actuel reste inadapté et constitue un frein majeur à l’innovation durable. Si Madagascar propose des exonérations d’impôt sur les sociétés dans les zones franches (taux réduit à 10% après 2 à 5 ans d’exonération – Source : PWC Tax Summaries), ces mesures manquent de cohérence et de vision long terme. L’imprévision fiscale décourage les investissements dans les technologies vertes et l’économie circulaire, limitant ainsi le potentiel de création d’emplois durables et de développement économique inclusif.

Une politique fiscale adaptée et incitative est essentielle pour soutenir l’industrie durable malgache. Son impact dépasse le seul cadre des entreprises : une fiscalité juste et stable influence directement le pouvoir d’achat des ménages, stimule l’économie locale et encourage les investissements durables. Le SIM, dont la raison d’être inclut la défense d’un environnement économique favorable, œuvre activement pour un dialogue public-privé renforcé. Une collaboration étroite entre l’État et les industriels est indispensable pour construire une industrie nationale à la fois durable, compétitive et prospère